Le Coin des Poètes               

Pour notre bonheur plusieurs de nos adhérents nous ont transmis leur témoignage pour la défense de nos alignements et ceci avec toute la poésie qui sied à cet environnement. Voici quelques uns de ces textes qui vous rappelleront votre enfance et vos rêveries lors des balades libres dans ces allées de pierres levées !

    

 Nouveauté: des photos poèmes de Huguette Bertrand, écrivaine et poète au Québec

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Entends   

 Les korrigans de la pleine lune

Menhirs

  Les Menhirs dans nos rêves ;

Le Menhir et la nuée

Le chant des Fées 

   

 

Les Korrigans de la pleine lune

 

Les soirs de lune les korrigans se déchaînent;

Leur armée se lève dans le plus grand silence,

Portée par le vent fou qui va balayer la plaine;

C’est l’heure du dernier examen de conscience!

Sans aucune pitié les soirs de pleine lune,

Les petits monstres vous traquent sans coup férir,

Cachés dans les rochers ou dans les hautes dunes ;

 

 

 

 

 

 

Leur devise : « Taper fort et mourir de rire »

Malheur aux faibles, aux froussards et aux fiévreux !

Et même ceux qui regardent droit dans les yeux

Iront grossir les rangs serrés des mécréants !

Les nuits de pleine lune font naître les héros

Que l’on reconnaît parfois dans les fiers géants

Qui montent la garde à l’entrée de Kerzerho.

 

René-georges Le Bars

Grand Prix du Moulin de l’Écluse 2003

10ème Rendez-vous Poétique de Carnac

 

 

 

 

Menhirs

Soldat de granit, tu demeures au garde-à-vous,

Avec toute la fierté de tes vingt printemps,

Caché dans la lande, prenant un rendez-vous

Avec l'incontournable horloge du temps.

 

Pour toi, le poids des ans devient raideur

Et pourtant dans toute ta candeur,

Ton cœur de schiste paraît fragilité

Lorsque ta petite armée s'ébranle,

Disposée telle une mosaïque, tu trembles

En te découvrant dans les genêts, l'agilité

Retrouvée d'une colère rentrée

Résonnant dans toute une contrée.

 

Menhirs, tes alignements portent les noms

Du Ménec et de Kermario, sans prénoms,

Ils sont chers dans le cœur de nos ancêtres,

Car taillés dans le granit, ils ressemblent aux hêtres,

Flirtant avec le ciel et ses couleurs.

Pierres sacrées, les hommes n'ont plus la chaleur,

Ni le respect pour les sépultures.

On le doit à l'ignorance et à l'inculture

Des uns et l'oubli des autres,

Mais toujours poussés par l'avidité de certains,

Décidés de massacrer un site pour un Dieu,

Celui du profit avec l'argent pour refrain!

 

Au nom de l'Europe, grande inconnue,

Menhirs, on veut vous vendre, sans entrain

Aux marchands du Temple Moderne.

Obstination avec l'imagination nue,

Tes bourreaux frondeurs mais têtus

Sont tournés vers les Tours Opérators

Au nom d'une démocratie chancelante

Et d'un État sans préservatif

Qui se meurt à petit feu

Malgré la traditionnelle bonne conscience

Affichée. Mais entre vous, Menhirs

Et paperassiers élus ou non,

Vous resterez toujours les vainqueurs

Car, en granit, vous répondrez avec fureur

En condamnant ce zoo aux définitions mal établies

Par ses grillages indéfendables.

 

Menhirs et Dolmens, vous aurez le dernier mot

Contre ceux qui créent tous les maux,

Contre tous les notables

Et pourfendeurs sans titre,

Vous demeurerez les métayers

De la petite métairie!

Olivier Furon

La Trinité sur Mer, octobre 2000

 

 

Les Menhirs dans nos rêves

Poème reçu sans titre auquel nous avons donné celui-ci.... si vous en connaissez le titre , merci de nous le transmettre

Dans les menhirs épargnés

Parmi les brouillards de l'automne

J'aimais bien me promener

Sur cette tendre terre bretonne

 

Dans les menhirs engrillagés

Pleure la pluie sur les moutons

Les lutins sont bien trop âgés

Pour lutter contre le béton

 

Dans les menhirs barbelés

Plus de druide et plus de barde

Le gui ne sera pas coupé

Plus de biniou plus de bombarde

 

Dans les menhirs emprisonnés

Engourdis, seuls et perdus

Flotte une langueur désespérée

Une rancœur de cœurs fendus

 

Les menhirs "fildeferisés"

Guerriers rebelle et vaincus

Sont de (très) vieux prisonniers

Dont les visites sont défendues

 

Dans les menhirs clôturés

Souffle le vent de l'espoir

Qu'un farfadet bien inspiré

Plie le grillage diffamatoire

 

Dans les menhirs libérés

A Kermario comme au Ménec

Je retournerai me balader

Parmi les dolmens et cromlechs

 

J'aime les menhirs et leur légende

Libres et sans dividende

Bien loin des galeries marchandes

Mickey sera sans Ménhirland

 

Jean-Louis Valence  

 

 

 

 

Le Menhir et la nuée

 

 

Tu es là, loin dans le vide,

Nuée blanche et inaccessible,

Tu es loin

Et moi je ne suis pas assez haut

Pour aller jusqu'aux nuages

 

Elle s'en va sans dire un mot

Sur le vent pour se distraire.

Il lui sourit dans un sanglot,

Lui menhir, amoureux fou

D'un nuage au coeur de pierre

 

Tout le temps il l'aima

"Donne moi l'échelle, car je ne suis pas

assez haut pour aller jusqu'à toi..."

 

Elle troublée, sans dire un mot

Répondit à sa prière,

Et la rosée le baigna

Lui Menhir, l'amoureux fou de la nuée

 

M.B  

Crac'h

 

 

 

Le chant des Fées

 

La fée des flots m’a dit

Entends le vent du large

Il porte sur la terre

La parole des Sages

 

La fée de l’air m’a dit

Entends au fil de l’onde

La parole des pierres

Elle souffle le secret

A celui qui l’entend

 

La fée du feu m’a dit

Écoute dans la centre

Le phénix endormi

Il attend, pour jaillir,

L’éveil de l’esprit 

 

La fée du vent m’a dit

Entend dans le silence

Le murmure des pierres

Il connaît le secret

Et c’est toi qui l’entends

 

La fée des brumes est là

Caressant le menhir

Lui seul entend le chant

Nous venant d’Altaïr.

 

                           N.C

 

 

 

 

 

 

 

 

Entends ...

 

Entends le chant lointain

Des peuples de nos Pères

Qui vinrent de si loin

Honorer cette terre.

 

Entends le chant sacré

De la Déesse Mère

Qui nous donne en secret

La clé de l’Univers.

 

Entends le son Divin

De la valse des Sphères

Qui offre son Silence

Dans le secret des pierres.

   

                    Nicole Cordier