Des hommes et des pierres

 

 

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Le Résumé

 

Le dossier complet

 

 

Le Résumé

 


De tout temps, à CARNAC, hommes et femmes ont vécu avec les alignements. Des traces d'habitat gallo-romain furent retrouvées à Kermario par l'archéologue James MILN en 1877.
Le village du Ménec, bâti à l'intérieur du cromlec'h de l'alignement du même nom, est reconnu comme médiéval par les spécialistes. A Kermario, la Petite Métairie existait déjà en 1440 selon d'anciens documents. Le manoir de Kermaux qui se dresse juste au Sud des menhirs existait lui aussi à la même époque. A Kerlescan, une maison du village porte en frontispice la date de 1570.
Notons que ces villages ne semblent pas avoir été bâtis avec des menhirs.C'est un constat flagrant au Ménec et à la Petite Métairie qui furent bâtis au ras des menhirs, sans pour autant les détruire ou les débiter.

Les Carnacois transmirent de nombreuses histoires et coutumes sur les alignements. Le culte de St Cornély qui existait déjà en 1326, fut certainement pour beaucoup dans cette préservation, ainsi que la survivance de rites et de traditions d'origine pré-chrétienne.
On raconta longtemps l'histoire de St Cornély qui, poursuivi par une armée, aurait pétrifié cette dernière, créant ainsi les alignements. Cette légende était encore racontée aux visiteurs par des enfants il y a une vingtaine d'années. Lors du pardon de St Cornély, les alignements sont donc le point de passage obligé des nombreux pèlerins.

On racontait aussi que chaque année au mois de Juin, les Carnacois rajoutaient un menhir aux alignements et que les pierres étaient, à l'occasion, illuminées à grands frais.
Au Ménec, les gens mariés depuis plusieurs années et sans enfants, venaient à la pleine lune tourner autour d'un menhir avant de s'y unir pendant que les parents écartaient les badauds... Ce rite de fertilité existait encore en 1880.Plus récemment, le dolmen de Kermario aurait eu, lui aussi, d'étranges vertus sur les couples.

Enfin, notons que les alignements furent longtemps les témoins de la "grande fête des menhirs". Des musiciens venant des quatre coins de la Bretagne s'y réunissaient pour faire danser de nombreuses personnes sur des airs traditionnels. Cette fête était extrêmement populaire et très attendue. Elle prit fin voici une vingtaine d'années, victime d'une mauvaise organisation.
On le voit, les Carnacois vivent avec et près des menhirs depuis très longtemps. Les alignements sont depuis des siècles un lieu de vie, de culte ou de festivité.
Jamais les alignements n'ont été séparés de la vie quotidienne locale.

Exproprier 250 Carnacois
transformer les alignements en une sorte de musée aseptisé animé l'été et mort l'hiver
en faire une "réserve à mégalithes", bref un MENHIRLAND
ce serait créer un site
coupé de la réalité
coupé des traditions et de la mémoire du site.

Ce serait faire injure à l'histoire.

 

 

 

 

 

 

 

Le dossier complet

    

Des  Hommes & des Pierres

 

Un projet d’Etat fumeux et coûteux

Des contre-propositions simples et de bons sens...

 

 

SOMMAIRE

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                     v                 Introduction                                        

  v        Les acteurs du projet de l'État

  v        Historique                       

  v        Des hommes et des pierres

     v  Quels alignements pour demain  ?                              

  v       Aspect économique                                                                    

  v    Aspect juridique                                                       

  v     Les vraies causes de la dégradation                          

  v     Nos propositions                                                     

 

 

 

 

 INTRODUCTION

 

Avec 2 877 menhirs répartis sur 4 kms, le site mégalithique de Carnac est l'un des plus importants du monde. C'est un lieu de vie depuis la préhistoire avec aujourd'hui plusieurs maisons d'habitation, plusieurs fermes en activité, deux centres équestres, des routes et des chemins piétonniers.

 

L'ensemble des alignements est engrillagé et interdit d'accès au public sous prétexte de protection et de préservation du site depuis plus de 10 ans. Le Ministère de la Culture veut tout simplement s'approprier et rentabiliser les menhirs.

 

En 1996, l'enquête publique (l'une des plus importantes réalisées par le nombre de ses participants en France) a vu le projet rejeté par 87% des participants.

 

Pendant ce temps, les mégalithes disséminés sur l'ensemble du département sont laissés à l'abandon  : manque d'entretien, de signalisation. Des destructions ont encore lieu aujourd'hui, conséquence de l'inaction des pouvoirs publiques.

 

Pour réaliser ce projet dont personne ne veut, l'Etat, le Conseil Général et le département ont prévu d'acquérir 150 hectares de terrains, plus 100 hectares du conseil général, d'exproprier 250 personnes, de détruire des maisons dont certaines datent du XVème siècle, de raser 3 hectares de pinède, de bâtir un bâtiment de 2300 m2 à vocation commerciale et deux parkings de 400 places et de construire une route au mépris de la loi du littoral.

 

Pendant ce temps, des permis de construire sont toujours délivrés à proximité des alignements (Archéoscope) ou même au ras d'autres monuments mégalithiques (dolmen de Mane Brizil) par ceux-là même qui se posent en protecteurs des Alignements.

 

Ce dossier, tente de montrer quelles sont les vraies motivations de ce projet, quels en sont les acteurs, ses enjeux, les différentes actions réalisées au mépris de la loi et des habitants de la région.

 

Les aspects aberrants de ce projet, ses errances,  le manque de compétence des personnes en charge de ce dossier sont dénoncés depuis dix ans.

Simultanément et depuis sa création, l'opposition au projet s'est voulue constructive en présentant des contre-propositions qui sont les mêmes depuis dix ans.

 

Ce que nous souhaitons, c'est un aménagement intelligent, humain, convivial de ce lieu que nous aimons.

 

 

 

 

LES ACTEURS DU PROJET DE L'ÉTAT  

 

 Un budget de 100 millions de Francs !

Le Ministère de la Culture, Les Monuments Historiques et plus particulièrement la Caisse des Monuments Historiques.

Participation financière  : 50 millions de francs  

Le Conseil Général

A acheté, en 1991, 40 hectares de bois entre le Manio et le Moustoir et prévoit d’en acheter 60 hectares supplémentaires dont la finalité reste inconnu.

Participation financière  : 17,5 millions de francs  

Le Conseil Régional

Participation financière  : 17,5 millions de francs  

L'Europe

Participation financière avant même l'enquête publique. Financement pour la protection du site (les grillages  ?) et l'étude de la végétation (le piétineur).

Participation financière  : 5 millions de francs  

La Mairie de Carnac

La mairie a participé en offrant des terrains communaux pour la réalisation du projet.  

Le Mécénat

Participation financière  : 5 millions

 

L'UMIVEM (Union pour la Mise en Valeur Esthétique du Morbihan)

L'Univem a fait parvenir une lettre à ses adhérents leur demandant de participer à l'enquête publique afin de signer pour le projet.  

 

 

 HISTORIQUE  

 

Une histoire déjà ancienne...  

   

Durant les années 70

" Les menhirs, il est temps que ça rapporte" déclare Christian Bonnet, Sénateur Maire de Carnac et ancien Ministre de l'intérieur qui imagina la possibilité d'une réplique en béton des alignements  pour y gérer correctement le flux des touristes. Le projet fut révélé par "Le Canard Enchaîné".  

Années 80

Pendant sept ans, de gros moyens sont employés pour nettoyer les terrains par les pouvoirs publics. Les tracteurs rasent toute la végétation, mettant le sol à nu et parfois font tomber des menhirs. Là où les ajoncs résistent, on utilise du désherbant. Hypocrites, les pouvoirs publics accusent les touristes d'être les responsables de la destruction de la végétation.  

1988

Un projet d'aménagement des Alignements est conçu par l'architecte en chef des Monuments Historiques dans le plus grand secret. Au même moment, le Maire de Carnac modifie le Plan d'occupation des sols.  

Novembre 1990

Le Ministère de la culture annonce la mise en place d'un projet "Grand Carnac" pour l'aménagement du site. Ce projet prévoit l'acquisition de 150 hectares par l'Etat autour des menhirs.

La maquette et le cahier des charges ne sont pas communiqués aux habitants. Ils  prennent connaissance de ce projet par la presse qui annonce l'achat de propriétés.  

1991

Mise en place de plus de 10 Km de grillage, isolant les menhirs. Les Monuments Historiques interdisent la marche dans les menhirs et recrutent des vigiles. Certains terrains de particuliers deviennent inaccessibles. Des droits de passage et de pacage ne sont plus respectés. En effet, plusieurs parcelles agricoles se trouvent alors complètement enclavées entravant ainsi leur exploitation, certains agriculteurs se trouvent contraints à aller chercher les clés à l'accueil dont les horaires ne sont pas les mêmes que ceux des agriculteurs. Actuellement, ces parcelles sont en friche, pourtant elles ne sont toujours pas propriété de l'État.  

Construction de l'Archéoscope, bâtiment commercial, appartenant à une société privée, destiné à la diffusion de films sur les menhirs. L'Etat autorise sa construction, pourtant illégale, à quelques dizaines de mètres des alignements. Les Beaux-arts déposent une plainte puis la retirent !  

Parallèlement les Pouvoirs Publics édifient un belvédère "particulièrement laid et hideux", bouchant complètement la perspective ( Selon C. Bonnet, le maire qui a pourtant signé le permis de construire) surplombant les alignements. Coût 1,6 M F.

Des tickets d'entrée payante au belvédère sont imprimés par la caisse des Monuments Historiques.  

Fin 1993

Le chiffre d'affaire du belvédère est connu  : 2 millions de francs, ce qui le met en troisième position des comptoirs de vente de la Caisse des Monuments Historiques.  

1994

Nouveau projet de l'Etat : une convention est signée entre l'Etat, le département et la région prévoyant 100 millions de francs pour la mise en place de déviations de routes, d'expropriations, l'acquisition de 120 hectares et la construction d'un "méga" pôle d'accueil. Le projet, qui incluait alors le Menec, est abandonné suite à la pression et à l'hostilité de la population.

Destruction du belvédère  : coût de l'opération 420 000 Frs.                                                                                                                                                   

Juin 94

Enlèvement symbolique de quelques mètres de grillages obstruant un sentier piétonnier se trouvant alors sur une propriété privée, par différentes associations.

M. Mary est accusé de "recel et vol de boulons et colliers de serrage" servant à la fixation d'une clôture, alors que celui-ci dans le cadre de la manifestation, les avait déposés au belvédère. Suite à un jugement M. Mary est condamné à 6 mois de prison et 5000 F d'amende avec sursis "pour l'exemple" précisait M. le juge. Mme Mary était condamnée à la même peine pour entrave aux travaux de clôture d'un droit de passage pourtant notifié par acte notarié.  

Mme Le Louarn, chargé de mission, démarche chez certains habitants, notamment des personnes âgées de plus de 80 ans pour leur apprendre qu'elles devront quitter leur maison... menacée de destruction.  

M. Toubon, lors de la signature de la convention, déclarait : "On ne va tout de même pas traiter Carnac comme une enclave dont les bretons se sentiraient exclus"  

Mise en place de  grillage au ras des maisons, empêchant l'accès à certaines d'entre elles. Grâce à l'intervention des gendarmes, les grillages sont placés à 4m de la porte..."pour vous permettre l'usage de la porte d'entrée"...!

Achat de moutons, constructions de plusieurs cabanes et pose de clôtures électriques à l'intérieur du site.    

1995

Construction, d'un nouveau belvédère en "algéco" avec fondations en béton ne respectant pas la limite des 500m généralement imposés lors de la proximité d'un site historique,  et utilisant le droit de passage d'un particulier.  

Le Conseil Général achète 40 hectares de bois entre le Manio et le Moustoir et prévoit d'acheter 60 hectares supplémentaires  dont la finalité reste inconnue.  

Attentat non revendiqué à "l'Archéoscope".

Mise en place de tourniquets de métro sur le site du Ménec.  

1996

10 jours avant le début de l'enquête publique, M. Christian Bonnet, Maire de CARNAC, démissionne.  

L'Etat procède à une Enquête Publique. Le projet est jugé sévèrement par les commissaires enquêteurs. "L'enquête présente de graves insuffisances qui la rendent contestable en de nombreux points. Le dossier est d'une imprécision remarquable... l'étude économique inexistante, les relations avec le musée oubliées". Un dossier complémentaire est rapidement constitué qui n'est pas porté à la connaissance du public.  

Malgré les 87% d'avis défavorables au projet, les commissaires enquêteurs donnent un avis favorable.  

Suite à l'enquête d'utilité publique, plusieurs propriétaires concernés par les expropriations déposent des recours.

Suite à l'attentat perpétré à "l'Archéoscope", une perquisition sans résultat a lieu au siège social de l'association Menhirs Libres.  

1997

Déclaration d'Utilité Publique du projet des Alignements de Carnac.

Pseudos réunions de concertation ne portant que sur des points de détails, l'association décide de ne plus y participer.                                 

1998

Enquête parcellaire. Ce sont plus de 250 ha (*) de terrains qui sont convoités dans un premier temps par l'Etat. Plus de 250 carnacois (sur 4243 habitants) reçoivent une lettre les informant de la procédure d'expropriation. L'utilisation future de ces propriétés n'est pas révélée. La maison de Croix Audran qui devait être immédiatement détruite après son achat par l'Etat sert de local de réserve pour le belvédère.    

(*) Les Monuments Historiques ont déjà acheté plus de 40 hectares à l'amiable (en harcelant les non vendeurs) et souhaitent acquérir dans le cadre de ce projet qui ne concerne que les alignements de Kermario et de Kerlescan, 86 autres hectares. Le département a, pour sa part, déjà acheté  plus de 40 hectares et souhaite en acquérir 60 autres.  Pour la deuxième phase du projet concernant le Menec, de nombreux autres terrains et habitations doivent être expropriés.  

A ce jour, l'Etat a déjà acquis une dizaine de maisons. Pour l'instant, elles ont été restaurées et sont utilisées comme bureaux, entrepôts, logement du personnel et de personnes privées..., à cette date, et contrairement à ce qui avait été annoncé, une seule maison a été rasée....  

En même temps un permis de construire est accordé pour la construction d'un lotissement à proximité des Alignements (lotissement de Kerabus, 40 m des menhirs).  

Les Alignements du Ménec sont laissés à l'abandon et disparaissent sous une luxuriante végétation.  

21 Novembre

Manifestation à Paris, L'Association est reçue au Ministère de la Culture. Un chargé de mission, M. J.P. Mohen  est nommé.

Décembre

Le maire de Carnac, M. Buquen, démissionne.

12 Décembre

Manifestation Menhirs Libres à Carnac.  

Fin 1998

Le bail d'exploitation de l'archéoscope prend fin. Nomination d’un nouveau chargé de mission.

Menhirs Libres fait appel.  

1999

Publication du rapport Mohen sur Internet, accompagné d'une campagne de presse du Ministère. Copie conforme des précédents projets à quelques détails près.

Les alignements du Ménec sont laissés à l'abandon, la végétation recouvre les pierres.  

Des permis de construire sont accordés pour des constructions à proximité des mégalithes. Au même moment, les démolitions de maisons et les expropriations sont toujours prévues par l'Etat.  

Les pseudo réunions de concertation se poursuivent.

Mr Couet est reçu par l’association. Il assure que l’archéoscope sera fermé fin 99. Nous sommes en 2002, il est toujours ouvert.  

Menhirs Libres lance les pétitions qui demandent la gratuité pour les visiteurs, la non construction  de structures lourdes, pas d’expropriation, ni de déviation routière.  

2000

Election d’un nouveau Maire. Pour la première fois, des points de convergence (malheureusement pour peu de temps) avec la municipalité et les propositions de l’association apparaissent, tels que la gratuité d’accès au site, la suppression des grillages.    

La fermeture et destruction de l’archéoscope, la modification de P.O.S. pour que les parcelles entourant les alignements redeviennent non constructibles. (Depuis 96, elles sont classées en zone NDAN, c’est à dire constructibles dans le cadre de ce que l’Etat estime devoir faire pour mettre en valeur les Alignements. A titre d’exemple, l’archéoscope est construit sur une zone classée en NDAN) 

Dépôt des pétitions au Parlement Européen, 17 300 signataires                                                                                                                                               

Trois gros tracteurs sont utilisés pour éliminer la luxuriante végétation qui a envahi les Alignements du Ménec. Deux menhirs sont renversés et de nombreux autres griffés ou bousculés par les engins.  

Début des expropriations.  

En 2000, une seule réunion de pseudo concertation a lieu. Menhirs Libres  refuse d’y assister.

Recours déposé  

2001

Un jugement en appel à Rennes. L’avocat de l’association met en regard le prix de vente du terrain de l’Archéoscope (15 frcs le M2) alors que l’Etat rechigne à payer 50 centimes de plus le M2).  

Dans une émission diffusée par "TV Breizh", Mr Couet déclare ‘L’objectif est de restituer  l’intégrité monumentale de ce site et de le dégager, donc l’objectif est bien d’acquérir pour démolir ».  

Au moment où les expropriations sont engagées, l’Etat n’achète pas une grande propriété, mise en vente à proximité immédiate des Alignements de Kermario et laisse se mettre en place des dizaines de mobil  home.  

2002

Un administrateur, Laurent  Heulot, est nommé. Un nouveau ministre de la culture est nommé  : M. J-J Aillagon  

Occupation du belvédère par le collectif d’associations Holl a gevred.  

L'association "Menhirs libres" a gagné en appel auprès du tribunal administratif de Nantes en décembre  2002. Une décision  qui annule l'arrêté du préfet concernant le décret d'utilité publique de ce projet…..

 

 

DES HOMMES ET DES PIERRES  

 

De tout temps, à CARNAC, hommes et femmes ont vécu avec les alignements.

 Des traces d'habitat gallo-romain furent retrouvées à Kermario par l'archéologue James MILN en 1877.  

Le village du Ménec, bâti à l'intérieur du cromlec'h de l'alignement du même nom, est reconnu comme médiéval par les spécialistes.  

A Kermario, la Petite Métairie existait déjà en 1440 selon d'anciens documents. Le manoir de Kermaux qui se dresse juste au Sud des menhirs existait lui aussi à la même époque.  

A Kerlescan, une maison du village porte en frontispice la date de 1570.  

Notons que ces villages ne semblent pas avoir été bâtis avec des menhirs.

C'est un constat flagrant au Ménec et à la Petite Métairie qui furent bâtis au ras des menhirs, sans pour autant les détruire ou les débiter.  

Le culte de St Cornély qui existait déjà en 1326, fut certainement pour beaucoup dans cette préservation, ainsi que la survivance de rites et de traditions d'origine préchrétienne 

  

Les Carnacois transmirent de nombreuses histoires et coutumes sur les alignements.    

On raconta longtemps l'histoire de St Cornély qui, poursuivi par une armée, aurait pétrifié cette dernière, créant ainsi les alignements. Cette légende était encore racontée aux visiteurs par des enfants il y a une vingtaine d'années. Lors du pardon de St Cornély, les alignements étaient donc le point de passage obligé des nombreux pèlerins.  

On racontait aussi que chaque année au mois de Juin, les Carnacois rajoutaient un menhir aux alignements et que les pierres étaient, à l'occasion, illuminées à grands frais.    

Au Ménec, les gens mariés depuis plusieurs années et sans enfant, venaient à la pleine lune tourner autour d'un menhir avant de s'y unir pendant que les parents écartaient les badauds...

Ce rite de fertilité existait encore en 1880.  

Plus récemment, le dolmen de Kermario aurait eu, lui aussi, d'étranges vertus sur les couples.  

Enfin, notons que les alignements furent longtemps les témoins de la "grande fête des menhirs". Des musiciens venant des quatre coins de la Bretagne s'y réunissaient pour faire danser de nombreuses personnes sur des airs traditionnels. Cette fête était extrêmement populaire et très attendue.  

Elle prit fin voici une vingtaine d'années, victime d'une mauvaise organisation.                                                                              

On le voit, les Carnacois vivent avec et près des menhirs depuis très longtemps.  

 

Les alignements sont depuis des siècles un lieu de vie, de culte ou de festivité.  

 

Jamais les alignements n'ont été séparés de la vie quotidienne locale.  

Exproprier 250 Carnacois, transformer les alignements en une sorte de musée aseptisé, animé l'été et mort l'hiver, en faire une "réserve à mégalithes", bref un MENHIRLAND, ce serait créer un site coupé de la réalité, coupé  des Carnacois, coupé de la vie.    

         Ce serait détruire les traditions et la mémoire du site.                 

                                                                        Ce serait faire injure à l'histoire.  

 

 

 

 

QUELS ALIGNEMENTS POUR DEMAIN  

 

L'actuel projet censé "mettre en valeur" les alignements de CARNAC a généré de multiples détériorations esthétiques :  

-         10 Km de grillage ceinturent et enlaidissent le site.

-         Les pôles d'accueil successifs sont bâtis à quelques mètres des menhirs et sont d'une architecture ne s'intégrant pas à l'esthétique du site

-         Les cabanes à moutons et les clôtures électriques posées à l'intérieur des alignements en polluent l'esthétique.  

 Ce projet ne concerne que 2 des 4 alignements de CARNAC.  

Sur un total de 2721 menhirs, 1364 sont ignorés par cette "mise en valeur". POURQUOI ? et sur quels critères ?

L'image donnée au visiteur est donc profondément réductrice et fausse l'approche de son architecture.

Rappelons que dans le dossier soumis à enquête publique en 1996, seule 1 page sur 150 est consacrée à l'archéologie, laquelle représente moins de 7% du budget total.  

Il y a plus grave encore :  

Les alignements de CARNAC sont une partie importante, mais une partie seulement, d'une vaste zone débutant à la rivière d'ETEL et aboutissant à celle de CRAC'H.  

Sur une longueur de 19 Km, on compte en effet :

                        - 23 alignements

                        - 10 cromlec'hs

                        - De nombreux vestiges perdus dans les landes et les bois, restes de champs de menhirs aujourd'hui ruinés et mutilés.  

Sur toute cette surface, il est impossible de cheminer plus d'1 km sans passer à proximité d'un champ de menhirs.

Seules de rares zones urbaines perturbent ce constat.

Les sites se succèdent parfois de façon quasi-ininterrompue, séparés par seulement quelques centaines de mètres d'intervalle.  

 CETTE VASTE CONCENTRATION D'ALIGNEMENTS EST UNIQUE EN EUROPE   

     ELLE TOTALISE AUJOURD'HUI ENCORE PLUS DE 4500 MENHIRS  

... et rares sont ceux qui le savent.  

Faute d'une protection suffisante, un grand nombre de ces sites est aujourd'hui ruiné, victime de détériorations répétées à travers les siècles.  

Ainsi, l'alignement du Gueldro à PLOUHINEC, autrefois riche de nombreux menhirs répartis sur 8 files a t il connu d'incessantes détériorations :

Aux carriers du siècle dernier succédèrent les bulldozers du remembrement en 1957/58, qui détruisirent environ 180 menhirs. Plus récemment, en Avril 1998, une restauration abusive sans autorisation acheva de ruiner le site.  

Il ne reste plus, aujourd'hui, que 60 menhirs, couchés, déplacés ou redressés à la pelleteuse par des cantonniers...    

    Ce site est pourtant propriété de l'état !!!  

Si rien n'est fait dans un proche avenir, d'autres destructions risquent d'avoir lieu.  

En revanche, les sites classés Monuments Historiques n'ont pas connu de détériorations importantes.

Or, seuls 7 alignements sur 23 et 5 cromlec'hs sur 10 sont classés Monuments Historiques.  

A ERDEVEN se trouve le deuxième plus grand alignement d'EUROPE naguère fort de 1100 menhirs.

Seule l'extrémité occidentale comptant 210 pierres est classée M.H.. Le reste a subi de graves destructions et un tiers des menhirs a aujourd'hui disparu. Deux d'entre eux furent d'ailleurs implantés sur un rond-point par la commune d'ERDEVEN, début 1998.  

 

En 1991, alors que l'on grillageait les alignements de CARNAC, plusieurs dizaines de menhirs d'ERDEVEN furent poussés au bulldozer dans le cadre d'une opération de remembrement !    

                                            CARNAC était-il le plus menacé?

                                                                      

                                                                              

                             

Concentrer toutes les mesures de préservations sur 2 des alignements de CARNAC, classés d'ailleurs Monuments Historiques, c'est risquer de  :  

- Donner une image très réductrice de la densité des champs de menhirs  de la région qui est pourtant unique en EUROPE

            - Fausser l'interprétation qui peut en être faite

             - Plonger dans l'oubli les autres menhirs

- Risquer de voir d'autres alignements détériorés ou détruits comme à ERDEVEN ou PLOUHINEC.    

Les responsables du projet de CARNAC mesurent-ils les lourdes conséquences que leur vision réductrice du mégalithisme risque d'entraîner  ?...  

Créer un grand parc mégalithique à CARNAC

                                                                          NON  

Mais au contraire, protéger tous les autres champs de menhirs, 

les rendre accessibles et informer le public sur leur histoire.  

Pas d'équipement lourd mais des mesures simples, humaines et pragmatiques.

Seule une vision globale permettra aux générations futures 

de profiter et de s'instruire de ce prodigieux héritage.

                                                    Au lieu 

                                                                  de  grillager,  

                                                                                      d'exproprier

                                                                                                            et  de faire payer,  

  Protégeons, partageons et instruisons.

 

 

 

Aspect  économique  

L'économie de Carnac est essentiellement basée sur le tourisme. Plus de la moitié de son activité est réalisée durant la période Juillet / Août, et plus particulièrement entre le 15 Juillet et le 15 Août.

Cette situation crée dans la région une dépendance du commerce envers le tourisme, mais aussi une grande instabilité du marché de l'emploi puisque si celui-ci est florissant durant 2 mois de l'année, il s'écroule avec le départ des touristes.  

Le projet des alignements de Carnac ne fait rien pour échapper à ce schéma ni pour créer de nouveaux types d'activités à Carnac. En effet, le projet dans sa configuration actuelle ne fait que détourner un tourisme existant dans la commune pour l'orienter et en canaliser les revenus vers un unique bénéficiaire  : le centre d'accueil commercial à la base du projet. Ceci bien entendu au détriment des commerçants de la commune puisque après avoir payé pour se garer, pour visiter, pour se désaltérer ou se restaurer, et qu'après avoir acheté souvenirs ou pellicules photos, il est peu vraisemblable de penser que ces touristes feront les affaires des commerçants du bourg.  

Censé créer des emplois, ce projet en supprime!  

Premièrement, pour que ce projet voit le jour, il faut commencer par fermer deux centres équestres, une crêperie, un magasin d'artisanat, une exploitation agricole et supprimer le terrain de loisirs d'un camping. Un bar a déjà été fermé, et la dernière version du tracé de la route créera des nuisances pour quatre autres campings.

Le musée de Carnac a perdu une grande partie de ses visiteurs depuis la création de "l'archéoscope" (de 91000 en 91 à 39000 en 97). Devra t il simplement fermer si ce projet voit le jour?  

Etant donné que ce projet ne fait que profiter de la saison touristique, il semble improbable que les contrats proposés soient de type CDI mais plutôt de type CDD pour 2 ou 3 mois voir même de vacations. En revanche, le manque à gagner pour les commerces existants à de fortes chances de diminuer le besoin de main d'oeuvre de ceux-ci et donc d'aggraver la situation de l'emploi.  

Ce projet ne crée pas d'emplois, il ne fait que déplacer les emplois de proximité et ceux existants au bourg vers le centre d'accueil.  

D'un point de vue strictement économique, il est clair que l'impact du projet serait négatif pour la commune et pour ses habitants ; les emplois et les profits du centre d'accueil ne seraient pas créés, ils seraient détournés du bourg et des commerces de proximité.  

Il existe des solutions qui permettent de préserver et de mettre en valeur ce site sans pour autant le faire au détriment de la commune et de la région. Une réelle concertation avec la population locale permettrait certainement de trouver un développement économique effectivement profitable à la commune et la région.  

 

 

 Aspect  juridique  

Le projet d'aménagement du site mégalithique de Carnac entrant dans une nouvelle phase avec la tentative d'expropriation actuellement en cours de la propriété de Monsieur et Madame MARY,  est largement entaché à la fois par des vices de forme et de procédure. En d'autres termes il nous semble illégal.  

Le Tribunal Administratif a été saisi d'une demande d'annulation de la déclaration d'utilité publique en 1997.  

Il nous semble surprenant que puisse être prolongé la période de validité d'un arrêté préfectoral dont le Tribunal Administratif n'a pas confirmé ou infirmé, à ce jour, la légitimité.


Rappel des principaux points qui ont conduit à la saisie du Tribunal Administratif  :  

 

Faut-il rappeler qu'un des buts de l'enquête publique est de permettre l'évolution et l'adaptation des projets en fonction des avis exprimés  ? Nous remarquons que cette Commission d'Enquête note qu'elle "peut regretter que les responsables du document tiennent peu compte des réactions du public et restent très rigides quant à l'adaptation de leurs projets aux observations souvent bien argumentées formulées par des intervenants avertis et motivés".  

L'enquête est révélatrice de l'état d'esprit de la population "si la nécessité d'une préservation et d'une protection de ce site est unanimement partagé"…"87% des avis recueillis en cours d'enquête sont cependant défavorables".  

Cependant malgré cette réserve globale la Commission d'Enquête a, quant à elle, émis un avis favorable assorti de deux réserves substantielles concernant la voirie  :  

qui affectent l'économie générale du projet.

La déclaration d'utilité publique est malgré tout prise par Monsieur le Préfet du Morbihan.

 Monsieur et Madame MARY qui habitent sur le site mégalithique de Kermario, objet de la déclaration d'utilité publique demandent au Tribunal Administratif l'annulation de l'arrêté du Préfet du Morbihan du 10 juillet 1997 publié en mairie le 13 août 1997.


Cette demande est fondée comme nous l'indiquons dans le premier paragraphe à la fois sur des vices de forme et de procédure.
 

Les réserves étaient les suivantes  :  

Concernant la déviation de la Route Départementale R.D. 196 et le giratoire situé sur la Route Départementale R. D. 119 et les parkings des cars, "la Commission d'Enquête demande que les engagements précisés dans le mémoire de réponses aux observations remis par la Direction du Patrimoine soient repris dans le texte de la déclaration d'utilité publique".  

Elle ajoute "nous précisions à nouveau que nos deux réserves concernant  :

·         10 la R.D. 196 ou une voie nouvelle est à supprimer,

·         a) le giratoire, b) le parking des cars,

sont formelles et leur non-respect rendrait notre avis définitivement défavorable".                                                                          


Nous remarquons que :  

1.      Monsieur le Préfet, pour examiner ces réserves, se borne à réunir un groupe de travail informel dit de "concertation" qui n'a, ni dans sa constitution, ni dans sa consultation, de bases légales et c'est ce groupe qui le 27 février 1997 aurait 'lever les réserves" sans garantir évidemment les exposants.

2.      Ces réserves ne sont pas parfaitement retranscrites dans le dispositif de l'arrêté. Elles sont simplement évoquées dans les visas de celui-ci.

3.      Ces réserves valent aussi pour la modification du P.O.S.

4.      La modification du P.O.S. ne reprend pas les réserves exprimées.

5.       Apparaît une voie nouvelle au P.O.S. qui apparemment aurait dû être supprimée pour répondre à la réserve.  


Cela nous conduit à nous demander si l'acte relevait de la compétence de Monsieur le Préfet

 Si la modification du P.O.S. par le Préfet est prévue par l'article L 123-8 du Code de l'Urbanisme, elle suppose que le projet d'aménagement qui entraîne cette modification n'altère pas en substance l'économie générale du P.O.S.  

Dans le cas présent au regard  

·        du coût financier du projet de l'ordre de 15 millions d'Euros

·        de la reconstruction de la voirie

·        des démolitions à entreprendre  

une révision du P.O.S. semble tout à fait justifiée.  

Après la remise des conclusions à la Commission d'enquête, Monsieur le Préfet aurait dû procéder à l'examen conjoint par l'État, la Commune, la Région, le département et les Organismes mentionnés aux articles L 121-9 et L 121 à la mise en compatibilité du plan.

Cet examen conjoint n'apparaît pas au dossier même si des discussions ont eu lieu dans une réunion informelle, cette structure n'est pas prévue à l'article L 121-8.


Le dossier soumis à l'enquête était incomplet :
 

La Commission a noté le caractère incomplet du dossier. Elle constate  :

·        "qu'aucune étude de variante y compris la variante 0 avec réaménagement de l'actuelle R.D. 196 n'a été effectuée ou présentée, ce qui est anormal" (page 4).

·        que le coût du bâtiment d'accueil est excessif et son aménagement est passé sous silence ou presque (page 7).

·        Que l'alignement du Ménec qui s'étend sur un kilomètre de long et 100 mètres de large et qui compte 1100 menhirs est exclu de l'opération alors que celle-ci est présentée comme un tout indivisible.  

Elle note également l'absence des préoccupations archéologiques et du programme de recherche et déclare que l'étude de l'impact du projet est insuffisante  ; manquent les avis obligatoires qui auraient pu éclairer l'Administration.  


La déclaration d'utilité publique viole un certain nombre de dispositions légales  :  
                                                                                           

·        Loi du 3 janvier 1986 dite "littoral" et incorporée au chapitre VI du Code de l'Urbanisme. Loi parfaitement oubliée par tous les intervenants est opposable au cas d'espèce dès lors que la DUP modifie un document d'urbanisme et prévoit une opération d'aménagement.

·        Article L 146-4-1 du Code de l'Urbanisme qui exige que les constructions soient en prolongement d'une agglomération ou d'un village existant ou d'un hameau intégré à l'environnement. Ce ne sera pas le cas puisque les 5 ou 6 bâtiments prévus dans l'actuel projet se trouveront en plein bois, isolés de tout village.

·        Articles L 146-6 et R 146-4-1 du Code de l'Urbanisme - Ces articles visent la préservation des sites et espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral". Le site ne peut recevoir, que "des chemins piétonniers et les objets mobiliers destinés à l'accueil ou à l'information du public, lorsqu'ils sont nécessaires à la gestion ou à l'ouverture au public de ces espaces et milieux" (article R 146-2 du Code de l'Urbanisme issu du décret du 20 septembre 1989). En l'espèce, le projet annexé à l'arrêté et portant modification du P.O.S. concerne un aménagement lourd, engendrant la construction toute aussi lourde de 5 ou 6 bâtiments, deux parkings de 400 places chacun et d'objets immobiliers interdits par la loi.

·        Les modifications du Plan d'Occupation des Sols arrêtées par l'acte attaqué, ne sont pas celles soumises à enquête publique.

·        Article L 146-7 du Code de l'Urbanisme - Cet article prévoit que la réalisation de nouvelles routes de transit est interdite à moins de 2 000 mètres du rivage. Or la déviation de la D196 passera par endroits à moins de 1 200 mètres du domaine maritime.  

 

Peut-on parler d'utilité publique de l'opération  ?

L'acquisition par voie d'expropriation des propriétés privées est parfaitement injustifiée

Il semble évident que ce projet est en totale contradiction avec les lois en vigueur  

 

L'Association Menhirs Libres demande

 

L'annulation ou au moins la suspension d'urgence

de ce projet sans aucun fondement démocratique  

Aux Ministres concernés et à Monsieur le préfet du Morbihan de ne pas se rendre complices d'actions illégales qui seront condamnées tôt ou tard par la justice  

Le respect des lois de la République française et des citoyens habitant ce site depuis des générations  

 Les vraies causes de la dégradation

       Bien avant le piétinement des visiteurs, le premier facteur de détérioration du sol fut l'utilisation de lourds engins équipés de rotavators qui rasèrent toute la végétation durant 7 années consécutives, de 1980 à 1987.  

Ces opérations générèrent un étrépage général des sols, presque un écroûtage.

Des désherbants parachevèrent ce désastre, aggravé par la sécheresse de 1988.  

Avant ces faits, la végétation, bien que piétinée pendant l'été, repoussait naturellement sous l'action des pluies d'automne et de printemps.  

Par ailleurs, les zones les plus piétinées se trouvent juste à côté des 2 seuls grands parkings implantés près des alignements du Menec et de Kermario.

L'alignement de Kerlescan, dépourvu de grand parking, avait conservé des sols intacts et reconstitués lors de son engrillagement de 1993.  

Enfin, notons que les chemins les plus creusés autrefois visibles dans les menhirs sont d'époque Gallo-romaine (cf. fouilles de James MILN en 1877) et ne sont donc pas imputables aux visiteurs. Sur les photos du début du siècle, ces chemins existaient déjà, bien avant le tourisme de masse...  

Une gestion intelligente de la végétation, une bonne répartition de petits parkings disséminés le long des alignements, permettraient une visite libre et sans risques pour les menhirs. Une mise en valeur des autres champs de menhirs ( ERDEVEN, PLOUHARNEL,...) permettrait également de mieux répartir la fréquention des visites estivales.  

Aux lourdes structures et aux interdictions,

préférons l'intelligence, le pragmatisme

et la simplicité.  

 

 NOS PROPOSITIONS

Les propositions de Menhirs Libres afin de protéger les alignements en y permettant un accès libre et gratuit  :  

- Ne plus jamais couper la végétation à ras avec des tracteurs et des désherbants mais laisser pousser les ajoncs autour des menhirs en les entretenant de façon à ne pas gêner la visibilité des pierres. "Qui s'y frotte s'y pique", ils seront le meilleur et le plus joli protecteur des alignements.  

- Disperser les parcs de stationnement. Ils devront être de moyenne contenance, invisibles depuis les alignements (haies) et équipés de poubelles et de sanitaires. Leur dispersion supprimera l'effet de "concentration" qui peut être nuisible.  

- Soucieuse du respect de la loi du littoral, l'association refuse le report au Sud de la CD196. Un aménagement de la route existante sera nécessaire mais la mettre en sens unique du Ménec à kerlescan. Un sentier piéton et une piste cyclable seront aménagés  Deux courtes haies sépareront piétons, vélos et voitures et empêcheront ainsi les véhicules ou les vélos de venir dans les menhirs.  

- Créer 3 pôles d'accueil au Menec, Kermario et Kerlescan ; Ils devront être de petite taille et bâtis soit dans le style du pays, soit en bois et invisibles depuis les menhirs. Des visites guidées  y seront proposées.  

- Des panneaux quadrilingues (français, breton, anglais, allemand) afin d’informer des caractéristiques du site et de son histoire devront être installés près des alignements.  

-  En cas de sécheresse exceptionnelle pendant l'été, il pourra être envisagé la clôture provisoire des endroits les plus menacés à savoir les quelques points où se trouvent des affleurements rocheux (là où sont les plus grands menhirs). Ces parties seraient protégées par une corde discrète reposant sur de bas piquets. Le public sera informé de la raison et du caractère très temporaire de cette mesure.  

- Des emplois d'agent de surveillance seront créés ce qui permettra de veiller  à la sécurité des touristes et au respect des menhirs.  

- Fermer et détruire l'archéoscope et l'actuel centre d'accueil qui se trouvent au ras des alignements.

Ces deux bâtiments font une concurrence déloyale au musée de Carnac.  

- Enlever le grillage qui défigure le site.  

- Le musée de Carnac devra être bien indiqué et son existence bien signalée aux environs du site.

Il est en effet la meilleure information sur le mégalithisme de toute la région et même d'Europe. Des visites guidées  partant du musée sont souhaitables. L'association souhaite que le musée reste municipal et conserve sa situation dans le bourg.  

- Entretenir tous les menhirs et dolmens de la région en les nettoyant et en y créant des chemins d'accès. Beaucoup d'entre eux sont en effet introuvables en plein bois.

Chaque site devra être discrètement équipé de poubelles et d'un panneau d'information quadrilingue expliquant les caractéristiques du site et indiquant le musée où se trouve exposé son mobilier archéologique. Ces sites participeront au processus de déconcentration des visiteurs à une plus vaste échelle. Ils permettront de mieux entrer en contact avec le mégalithisme de la région.  

- Veiller à ce que les terrains où se trouvent des mégalithes ne soient pas rachetés par des privés qui en interdiraient l'accès et qui y construiraient (comme cela s'est déjà produit). Le POS qui a été modifié récemment rendant les terrains achetés par l'État constructibles doit  être re-modifié.  

- Les administrations devront réfléchir à des mesures visant à empêcher les destructions de mégalithes, fréquentes tant en Bretagne que dans le reste du pays.  

Au total, des mesures simples, peu coûteuses, créatrices d'emplois (guides, agents d'entretien, gardiens...) et qui permettraient de conserver à ce site admirable toute sa beauté, son charme,  son mystère et sa tranquillité.  

Pour conclure, nous laisserons la parole au grand archéologue P.R.Giot ( * ):  

"Les alignements de Carnac, comme tout paysage ou tout héritage prodigieux doivent être mérités et être médités. Il faut les avoir faits à pied, de préférence à de multiples reprises et par tous les types de temps, de jour et de nuit. On ne sera peut-être pas plus savant pour autant, on  n'aura peut-être pas rencontré en cours de route des kerions, korriks, poulpiquets ou autres lutins et fées. Mais au moins, on aura vécu quelques instants dans une atmosphère."  

( * ):P.R. Giot, "Les alignements de Carnac", ed Ouest France, 1983, p.3 et 4.                                                                                                                                             

Nous mettrons tout en oeuvre pour que chacun puisse retrouver  cette atmosphère dans un futur proche.

 

Les exploitations agricoles  

Plusieurs exploitations agricoles sont directement concernées par le projet car une partie de leur terrains entrent dans le périmètre du projet.

La ferme de la Petite Métairie est un cas particulier dans la mesure où la totalité de la ferme serait expropriée.  

Aux dernières nouvelles, les bâtiments de ferme, récents, seraient détruits. Alors que les bâtiments anciens, une longère en pierre et deux dépendances seraient conservés et utilisés par l’Etat.  

Cette ferme située au milieu des Alignements de Kermario existait déjà en 1440 selon d’anciens documents. Le manoir de Kermaux qui se dresse juste au sud des menhirs, existait lui aussi à la même époque.  

Cette ferme est occupée par la famille MARY depuis plusieurs générations.

 Elle s’étend sur dix hectares et a un quota laitier de 60000 litres.
Depuis quelques années, l’activité de la ferme s’est diversifiée. Une crêperie et un magasin d’artisanat occupent deux des anciens bâtiments de ferme.